Le Manifeste des alter-libéraux sera disponible en librairie le 11 janvier. Commandez-le dès maintenant chez votre libraire et...

 

 

A 27 ans, Edouard Fillias est candidat à la présidence de la République, sous les couleurs d'Alternative Libérale. Ce manifeste est le cri d’une nouvelle génération qui étouffe dans une France endormie, incapable de se remettre radicalement en cause.

En librairie le 11 janvier 2007...

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Et si l’État s’occupait de ses affaires ?
jeudi 11 janvier

Comme un grand nombre de mes compatriotes, j’ai toujours été mal à l’aise face à la contrainte administrative quand elle se fait trop tatillonne, voire indélicate. Guichets, formulaires, files d’attentes, procédures à suivre : je comprends que toute société moderne s’organise avec méthode. Mais qui organise la bureaucratie ? Qui nous organise, nous, citoyens ? Des hommes politiques qui, pour les deux tiers, sont eux-mêmes issus de la machinerie administrative ?

Notre apprentissage de la contrainte administrative est à ce point ancré dans nos mœurs que nous sommes désormais presque tous convaincus que si l’État n’intervient pas pour fixer un cadre (souvent étroit), la « liberté » ne peut pas s’exercer. Sans intervention de la puissance publique, toute liberté n’est que sauvage, débridée : presque insolente. Pour l’administration, la liberté en liberté, c’est dangereux a priori. Alors, principe de précaution oblige, il nous faut plusieurs centaines de milliers de pages de Code du travail pour encadrer notre liberté d’embaucher ou d’être embauché, au nom du droit des employés à se protéger des employeurs. L’État postule a priori que la confiance peut être rompue à tout instant et que les conséquences les plus fâcheuses doivent être anticipées par la réglementation. Il est sage de prévenir le pire, mais n’est-ce pas un peu tue-l’amour ? Cela revient à imposer à tout futur marié de faire appel à un avocat réputé pour verrouiller son contrat de mariage : les sentiments du conjoint ne risquent-ils pas d’en souffrir ? Résultat des courses : les dirigeants de PME, premiers recruteurs de France, hésitent avant de signer le moindre papier, car ils savent que derrière chaque embauche plane l’ombre d’une interminable complication juridique. (…)

L’État est particulièrement agaçant quand il s’entiche de proférer pour notre bien des interdictions des libertés au nom de l’intérêt général, bien entendu. Entendre les arguments de Claude Évin, responsable de la nouvelle loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics, donne le frisson. Ce dernier commence systématiquement son argumentaire par « 60 000 morts du tabac en France, 5 000 morts par tabagisme passif ». À l’appui de ses dires, il cite arguments scientifiques, études, etc. Évin affirme qu’il s’agit de « ne pas vouloir polémiquer sur une question de santé publique ». D’emblée, le décor est posé : Claude Évin se bat pour la vie, le débat sur les libertés individuelles est clos. Il présente la situation comme urgente, ne souffrant pas la moindre contradiction : que dire quand on met dans la balance des vies humaines ? Comment un fumeur oserait-il encore défendre sa maigre liberté de tirer une bouffée assassine dans un lieu public après un tel passage à tabac ?

Claude Évin explique ensuite que les interdictions nous permettent de retrouver la santé. Interdire la fumée dans les cafés, restaurants, selon lui, cela fait baisser le nombre de morts. Nous allons « apprendre » à nous auto-discipliner grâce à la réglementation, tels de gentils lemmings aux ordres. En d’autres termes, les gens apprennent à se passer de la cigarette, non pour l’avoir choisi, mais parce qu’on leur l’a interdit.

Mais pourquoi, à la façon des Espagnols, ne pas permettre aux restaurateurs et patrons d’établissements qui le souhaitent de faire de leur établissement un lieu 100 % fumeur, et d’interdire la fumée dans les autres établissements publics ? Libre ensuite aux non-fumeurs de ne plus se rendre dans de tels établissements. Les salariés de ces établissements fumeurs pourraient être protégés spécifiquement (réglementation plus stricte sur les horaires de travail, la ventilation, les primes). Quant au consommateur, il vote avec ses pieds. C’est la tendance générale de notre société : le tabac est de moins en moins populaire. Ce type d’établissement 100 % fumeurs devrait donc petit à petit devenir marginal, réservé à une clientèle spécifique.
Pour lutter sérieusement contre le tabac, on ne peut pas compter sur une puérile interdiction étatique, mais bien sur la responsabilité individuelle des fumeurs face aux dangers de leur consommation. Mon père a arrêté de fumer après avoir entendu un professeur de médecine à la télévision argumenter de façon convaincante, sur des bases scientifiques, des dangers du tabac. Il a été rationnellement, intellectuellement convaincu : c’est un adulte qui a pris une décision, pas un enfant à qui l’on a donné une interdiction pour son bien. Mais non, même sur ce sujet, il fallait que le gouvernement intervienne, sur la pression des lobbies anti-tabac, pour nous protéger contre nous-mêmes. Les Français, même surinformés des dangers de la cigarette, doivent être protégés : c’est la devise de la nouvelle société hygiéniste.

Dans un même registre, trouvez-vous normal qu’une personne majeure consommant un joint à son domicile risque de se retrouver avec un casier judiciaire aux conséquences dramatiques, voire avec une peine de prison ferme ? Et que des milliers de petits malfrats vivent de ce trafic, livrant des produits aux conditions sanitaires douteuses, qui se répandent jusque dans le moindre de nos collèges ? Les Français postulent, pour fonder leur société, qu’ils sont responsables. Alors prenons la liberté de consommer ce qu’il nous plaît, de dire ce que nous voulons, de croire ce qui nous inspire. Assumons collectivement nos responsabilités face aux libertés individuelles, sans vouloir sans cesse en restreindre l’étendue au nom de la sécurité collective ou de l’idée, très dangereuse, qu’il faut parfois savoir faire le bonheur des autres malgré eux.

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À l’assaut de la Bastille
mardi 9 janvier

Mais comment les hommes politiques font-ils pour rester si longtemps au pouvoir, avec tout de même le soutien d’une majorité d’électeurs ? Ils ont une solution clef en main, à droite comme à gauche et même aux extrêmes : ils nous vendent de la protection et ils nous rassurent. C’est une caractéristique de l’électorat que Jacques Chirac a compris tôt dans sa carrière. On dit qu’il est plus facile pour un auteur de théâtre de faire rire que pleurer : et bien en politique, il est plus facile de vendre de la sécurité et de la protection que de la vision et des projets.

Les Français n’ont jamais eu aussi peur : peur de l’immigration, peur des dangers climatiques, peur de la précarité et de la mondialisation, etc. Les médias véhiculent en boucle ces craintes encore augmentées par l’écho des sondages. Auto-confortée, la peur est le meilleur terreau pour justifier la réélection des visages déjà connus et de discours rabâchés. Ils rassurent : on sait d’eux qu’ils connaissent les problèmes, faute d’avoir des solutions. À l’origine des peurs, il y a des motifs d’inquiétudes valables, mais les hommes politiques ont pris l’habitude de jouer les Cassandre, d’amplifier tout à l’excès et de promettre qu’eux seuls parviendront à sauver notre modèle de société : notre modèle social pour les uns, notre identité nationale pour les autres… À l’échec du modèle social et la peur du lendemain, ils répondent par plus de moyens et de prise en charge, ne faisant qu’aggraver la situation au lieu de remettre à plat l’origine des dysfonctionnements.

Clémentine Autain est le dernier produit en date de cette langue de béton armé. Elle ravit la vedette au camarade Olivier, mais avec le même discours convenu, archétype dogmatique et intransigeant où l’idéologie le dispute à l’ignorance des réalités. Au-delà des arguments, pauvres, il suffit pour s’en convaincre d’écouter le champ lexical : Clémentine aime parler de « domination », de « révoltes », de « minorités », de « résistance », de « profil qui fédère les susceptibilités pour établir un consensus »… Elle déclare par exemple ne jamais vouloir entrer dans un gouvernement « sous domination socialo-libérale » : ambiance guerre froide et crise des missiles.

Bref, Clémentine Autain parle couramment la novlangue antilibérale, altermondialiste, ultra-gauchiste, quelque part entre Krasucki et Laguiller, au firmament rhétorique de l’ère stalinienne… Même à l’écrit, le politiquement correct n’a pas de limite : et d’écrire « citoyens, citoyen-nes », ou tout mot masculin pluriel avec le suffixe féminin (professeur-e-s ; électeurs-trices, etc.). Et dire que Clémentine Autain n’est même pas membre du parti, seulement apparentée (à quoi a-t-on échappé ?).

Cette crispation du langage révèle une pensée figée, doctrinaire, arc-boutée sur des convictions qui tiennent de l’auto-persuasion à force de répétitions lancinantes (un mantra antilibéral ?). Alors que Clémentine a tout pour être sympa, elle s’auto-caricature en une madone formatée de l’ultra-gauche. Mais pourquoi personne n’a donc jamais conseillé à Clémentine de parler comme tout le monde ?

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Une certaine idée de la France...
dimanche 7 janvier

Douce France, cher pays de mon enfance… La France, on l’aime par nostalgie. Paris, capitale de l’amour, la goulue, la tour Eiffel, Toulouse-Lautrec, Montmartre, et, of course, les Folies. Les mille fromages, bon vin, bon pain, jolis châteaux et cabarets, champagne : roulez jeunesse ; la France, il y fait bon vivre, comme nous le confirment les hordes d’Anglo-Saxons qui achètent toutes les propriétés de la façade Atlantique. C’est so delicious ce « savoir vivre ». Alanguis sur la French Riviera, ils trouvent la vie idéale au rythme des cafés, des petites conversations improvisées dans les ruelles pavées avec tantôt le boulanger, tantôt le postier, tels des héros de la série qui fait fureur, « Louis la Brocante ». Peter Mayle n’a-t-il pas vendu un nombre historique d’ouvrages sur une idée simple : raconter une année en Provence ? Quand il s’agit de conter par le menu les journées pastis – Cézanne d’un gentleman désœuvré, cultivé et charmeur, so british –, le succès est au rendez-vous. (…)

Mais tout n’est pas rose au royaume du bien-manger et des centenaires. Les touristes américains ne sont pas toujours heureux en France. Le folklore local peut être un désagrément. Par exemple, quand surviennent les grèves stratégiques des départs et des retours : des trains, des métros, des contrôleurs aériens, des éboueurs municipaux, des bagagistes, des postiers, des agents EDF, etc. Heureusement pour eux, les grèves des enseignants, des médecins, des internes, des imprimeurs, les touchent moins. Mais la France serait-elle vraiment la France sans ces merveilleuses journées où le temps s’arrête, suspendu aux lèvres du dialogue social. Miracle de la négociation à la française : on tire d’abord, on discute après. Rassurons-nous, nos amicaux envahisseurs estivaux, d’outre-Atlantique et du pays du Soleil Levant, le savent bien : la France de Charles Trenet ne se lasse pas de ne rien faire comme tout le monde.

Au nom de l’exception française, on emballe pêle-mêle le syndicalisme très radical et le crottin de chèvre bien de chez nous. Comme ces manifestants grimés en Astérix que l’on retrouve dans chaque manifestation, symboliques de l’ultime rempart hexagonal contre la mondialisation débridée. Une certaine idée de la France…

La lutte sociale est dans l’Hexagone, avec la pétanque et le football, le sport national par excellence. On la pratique en famille, de génération(s) en génération(s), entre collègues, entre amis. Les mots d’ordre sont sans surprise, presque une tradition historique : quand la croissance est de retour, il faut « en partager les fruits, faire sauter la cagnotte », quand c’est la crise, il faut « sauver le modèle social ». Les gestes ancestraux ne doivent pas se perdre. Comment sauver, sinon, nos avantages acquis ? Perdre notre douce France, dernière enclave de liberté dans une Europe assiégée par Wall Street et le Nikkei ? Jamais, répond le résistant gaulois, qui condamne en bloc l’économie de marché débridée, les OGM et les menaces de démantèlement du service public. Superman de la nouvelle culture de résistance, José le moustachu est sur tous les fronts. Qu’il nous sauve de la double menace de l’OMC et de Monsanto, entités maléfiques qui prennent leurs ordres directement à la Maison-Blanche. No pasaran, comme disait le « Che », dont les tee-shirts à l’effigie romantique restent un classique indémodable, même si plus aucun historien ne doute de sa violence sanguinaire. Même Fidel Castro en avait peur.

Alors, pour nous protéger, pour sauver la France, il faut que l’État « assume ses responsabilités », comme le rappellent en chœur Nicolas et Ségolène. L’État, en France, est notre bouclier universel, notre grand préservatif gratuit et collectif contre tous les aléas de la vie. Une véritable patte de lapin pour toutes les catastrophes, canicules, et autres menaces qui pèsent sur notre société. Quand nous sommes confrontés à une crise nationale, nos regards anxieux s’élèvent, aiguillés par le journal télévisé de Claire Chazal, vers le ciel de l’intervention publique, de l’intérêt général qu’il va bien falloir défendre. Que font les autorités ? Un journaliste m’expliquait récemment que sa profession souffrait du syndrome « MQFLG » pour « Mais que fait le Gouvernement », angle d’attaque naturel adapté à tous sujets. C’est pourquoi l’État doit dépenser toujours plus pour nous épargner les avanies d’une société où les forts écraseraient les faibles au nom de la loi de la jungle ultra-libérale. Pour nous épargner le sort de l’« autre Europe », cette malpolie fustigée par notre président Jacques le Bon. Il faut dire qu’elle élève en batterie des plombiers polonais dressés pour venir piller notre « modèle social ». Merci Olivier de nous avoir sauvés de cette affreuse directive Bolkestein et protégés ainsi de l’invasion des Huns de la World Company.

Heureusement que l’État est au centre, au cœur de notre société. Dormez tranquilles bonnes gens, votre bonheur est en production à l’usine ministérielle, de nuit comme de jour. Ne vous souciez plus du sens de vos vies, il est en cours de planification.

Extrait du Manifeste des Alter Libéraux, par Edouard Fillias, à paraître le 11 janvier 2007 aux Edition Michalon. Commandez-le dès maintenant chez votre librairie ou en ligne sur Amazon.

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Les alterlibéraux débarquent...
vendredi 29 décembre

A 27 ans, Edouard Fillias est candidat à la présidence de la République. Ce manifeste est le cri d’une nouvelle génération qui étouffe dans une France endormie, incapable de se remettre radicalement en cause.

Pour une nouvelle génération, née après 1968, bâillonnée dans cette société vieillissante, la France est un énorme étouffoir et les pourquoi s’enquillent devant les situations absurdes. Pourquoi y a-t-il des travailleurs SDF ? Pourquoi ne peut-on pas fumer un pétard chez soi tranquillement ? Pourquoi est-on obligé de cotiser à la Sécurité Sociale ? Pourquoi les fonctionnaires peuvent-ils partir à la retraite 5 ans plus tôt que les salariés du privé ? Pourquoi Thierry Breton est-il ministre des Finances alors qu’il a mis France Télécom sur le tapis ? Pourquoi Renaud Donnedieu de Vabres va-t-il me punir pour avoir télécharger des musiques sur Internet ?

Quelle marge de manœuvre avons-nous réellement sur nos vies ?

« Le bonheur est dans le pré » et « Amélie Poulain » bienheureuse sur sa butte. Mais dormez bonnes gens, tout roule, le gouvernement veille au grain. Papa Sarko et Maman Royale pourvoiront aux aléas du quotidien. Dans cette société de la sécurisation maximale, nous serons sous protection… La politique est un jeu de rôle crispé : la France n’est pas immobile, non, et c’est pire, elle tourne en rond, recycle sa propre matière à l’infini. Dans ce paysage sinistré, le libéralisme est toujours désigné comme la pensée paria.

Heureusement, Edouard Fillias et les alter-libéraux arrivent…

Les auteurs : Candidat à la présidence de la République, Édouard Fillias a 27 ans. Président d’Alternative libérale après avoir cofondé l’association Liberté Chérie, il est maître de conférences à l’IEP de Paris. Sabine Herold est porte-parole d’Alternative libérale. Aurélien Véron, Ludovic Lassauce, Jean-Paul Oury en sont membres.

Quelques bonnes feuilles seront publiées ici avant la sortie du livre

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