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A 27 ans, Edouard Fillias est candidat à la présidence de la République, sous les couleurs d'Alternative Libérale. Ce manifeste est le cri d’une nouvelle génération qui étouffe dans une France endormie, incapable de se remettre radicalement en cause.

En librairie le 11 janvier 2007...

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À l’assaut de la Bastille
mardi 9 janvier

Mais comment les hommes politiques font-ils pour rester si longtemps au pouvoir, avec tout de même le soutien d’une majorité d’électeurs ? Ils ont une solution clef en main, à droite comme à gauche et même aux extrêmes : ils nous vendent de la protection et ils nous rassurent. C’est une caractéristique de l’électorat que Jacques Chirac a compris tôt dans sa carrière. On dit qu’il est plus facile pour un auteur de théâtre de faire rire que pleurer : et bien en politique, il est plus facile de vendre de la sécurité et de la protection que de la vision et des projets.

Les Français n’ont jamais eu aussi peur : peur de l’immigration, peur des dangers climatiques, peur de la précarité et de la mondialisation, etc. Les médias véhiculent en boucle ces craintes encore augmentées par l’écho des sondages. Auto-confortée, la peur est le meilleur terreau pour justifier la réélection des visages déjà connus et de discours rabâchés. Ils rassurent : on sait d’eux qu’ils connaissent les problèmes, faute d’avoir des solutions. À l’origine des peurs, il y a des motifs d’inquiétudes valables, mais les hommes politiques ont pris l’habitude de jouer les Cassandre, d’amplifier tout à l’excès et de promettre qu’eux seuls parviendront à sauver notre modèle de société : notre modèle social pour les uns, notre identité nationale pour les autres… À l’échec du modèle social et la peur du lendemain, ils répondent par plus de moyens et de prise en charge, ne faisant qu’aggraver la situation au lieu de remettre à plat l’origine des dysfonctionnements.

Clémentine Autain est le dernier produit en date de cette langue de béton armé. Elle ravit la vedette au camarade Olivier, mais avec le même discours convenu, archétype dogmatique et intransigeant où l’idéologie le dispute à l’ignorance des réalités. Au-delà des arguments, pauvres, il suffit pour s’en convaincre d’écouter le champ lexical : Clémentine aime parler de « domination », de « révoltes », de « minorités », de « résistance », de « profil qui fédère les susceptibilités pour établir un consensus »… Elle déclare par exemple ne jamais vouloir entrer dans un gouvernement « sous domination socialo-libérale » : ambiance guerre froide et crise des missiles.

Bref, Clémentine Autain parle couramment la novlangue antilibérale, altermondialiste, ultra-gauchiste, quelque part entre Krasucki et Laguiller, au firmament rhétorique de l’ère stalinienne… Même à l’écrit, le politiquement correct n’a pas de limite : et d’écrire « citoyens, citoyen-nes », ou tout mot masculin pluriel avec le suffixe féminin (professeur-e-s ; électeurs-trices, etc.). Et dire que Clémentine Autain n’est même pas membre du parti, seulement apparentée (à quoi a-t-on échappé ?).

Cette crispation du langage révèle une pensée figée, doctrinaire, arc-boutée sur des convictions qui tiennent de l’auto-persuasion à force de répétitions lancinantes (un mantra antilibéral ?). Alors que Clémentine a tout pour être sympa, elle s’auto-caricature en une madone formatée de l’ultra-gauche. Mais pourquoi personne n’a donc jamais conseillé à Clémentine de parler comme tout le monde ?

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